Les Amis d'Axieros Numeros parus Revue de presse Au salon de la revue Actualités Hommage Commande en ligne Nos liens préférés Consulter l'index

 

    Les détails biographiques sur ce jeune poète prématurément disparu n'abondent pas. On sait de lui qu'il est né le 29 Octobre 1898, à Paris (3ème arrondissement). De son vrai nom, il s'appelait Pierre, Emile, Marie Guyolot-Dubasty. Guyolot était le patronyme de l'homme que sa mère avait épousé en secondes noces. Professeur diplômé des Ecoles normales et des Ecoles primaires supérieures en 1924, il n'enseigna que peu de temps puisque la mort vint le faucher le 28 Janvier 1927. Contrairement à l'idée romantique qui aurait fait de lui un candidat au suicide, il ne s'est pas donné la mort mais présentait une "faiblesse de constitution" qui lui a d'ailleurs valu d'être réformé. Poète et musicien dans l'âme, il eut néanmoins le temps de nous léguer trois livres que l'on peut encore trouver dans quelques rares bibliothèques.

    Célibataire et probablement fils unique, il ne laisse derrière lui aucune descendance proche ou éloignée qui aurait pu conserver pieusement quelques documents d'archives. Par ailleurs, mort trop tôt pour avoir pu marquer son temps, ses contemporains n'ont pas songé à conserver des traces de sa trajectoire de comète dans l'univers des lettres.

    Aujourd'hui, plus de 70 ans après sa mort, il ne nous reste de lui qu'un unique portrait qui le représente la tête penchée sur sa main repliée, le front haut et intelligent, les cheveux mi-longs rejetés en arrière, le regard intense plongeant bien au-delà de l'objectif, le nez épaté et la bouche charnu presque négroïdes. Sanglé dans un complet sombre et cravaté, son allure n'est pas sans évoquer l'élégance d'un dandy. Beau ? Non, pas vraiment, mais saisissant. On l'imagine dévoré par quelque feu intérieur. Avec un sens prémonitoire assez surprenant chez un être aussi jeune, il avait écrit peu de temps avant sa mort:

            «Je considère ma vie comme pleinement vécue, et je ne te demande rien, ô Mort.»

                    Extrait de la notice biographique et critique publiée dans le premier numéro de la revue Inverses (2001)

   Axieros (1898-1927)

   Né Pierre Emile Marie Guyolot le 29 Octobre 1898 à Paris 3ème (et non pas le 31 Octobre 1899 comme l'indique faussement son acte de décès), Axieros emprunta son étrange pseudonyme à l'un des trois Cabires de Samothrace, ces mystérieuses divinités de la Haute-Antiquité qui avaient pour noms: Axieros (représentant Démèter, déesse de la terre féconde), Axiocersa (représentant Perséphone) et Axiocersus (représentant Pluton).

   Inutile de préciser que l'histoire des peuples antiques passionnaient ce jeune professeur diplômé des Ecoles normales et des Ecoles primaires supérieures, reçu premier en 1924, parlant plusieurs langues et jouant parfaitement du piano. D'un goût raffiné et sensible à l'extrême, jamais il ne put s'adapter à son époque.

   Vivienne Orland écrit dans son Allocution en l'honneur d'Axieros, prononcée le 19 février 1927, au groupe "Sagesse":

   "A son intelligence et à son érudition, il joignait une bonté foncière; incapable de la moindre rancune, il ne daignait pas connaître l'hostilité que lui témoignaient parfois des confrères incompréhensifs ou jaloux. Il souffrait morbidement du réalisme et des indélicatesses de la vie moderne. Aussi, chez lui, sa joie était-elle de se réfugier dans un vaste salon, toujours soigneusement aménagé par l'affectueuse vigilance d'une tendre et incomparable vieille marraine; tour d'ivoire, où les fenêtres minutieusement closes sous de lourds rideaux ne laissaient parvenir que très atténués les bruits du boulevard. [...] Nous le vîmes pour la dernière fois au cours d'une soirée que Mme Aurel consacrait à Fernand Lot (le 20 janvier 1927). Il était pâle et défaillant, à peine se soutenait-il.

   Quel miracle d'amitié l'avait traîné, en pareil état, jusqu'à ce salon ! ce fut son ultime adieu... et lui et nous ne le savions pas.

   Huit jours après, il expirait dans une maison de santé de Neuilly-sur-Seine (26, Bld Victor Hugo, le 28 Janvier 1927), brusquement, sans souffrance, hors de toute prévision, à la suite d'une très légère opération, alors qu'il semblait dispos et rétabli."

   De lui, mort à 27 ans, il nous reste trois livres magnifiques, qui mériteraient par leur qualité, d'être réédités: Platoniquement (Ed. Figuière, 1924), Les Solitudes Inquiètes (Ed. de la Revue d'Aujourd'hui,1926) et Les Miettes du Banquet (La Renaissance du Livre, posthume 1928, avec une préface de Maurice Rostand).

   Ouvertement homosexuel, Axieros collabora aux deux premières revues "gay" de l'époque: Inversions dont le premier numéro parut le 15 novembre 1924 et qui fut interdite par décision de justice après le quatrième numéro; ainsi que l'En-dehors qui ne connut pas meilleur sort.

   Axieros fut inhumé le 31janvier 1927 dans la 4ème division du Cimetière Montmartre, mais faute d'avoir été entretenue, sa tombe - pourtant perpétuelle - fut reprise  par l'administration en 1985...

            Extrait de Quatre météores de la poésie au Salon  de Madame Aurel, par Laurent  françois